L’innovation apporte bien des avantages dans tous les secteurs. Depuis le déploiement des exosquelettes, que ce soit dans le secteur médical ou industriel, la vie est devenue bien plus agréable. Toutefois, intégrer les exosquelettes est essentiel pour une meilleure utilisation de ces dispositifs avec des résultats tangibles. Les deux questions qui se posent aujourd’hui sont : quel est l’intérêt de l’intégration des exosquelettes ? On vous répond en détail.
Les exosquelettes : une bouffée d’air frais pour le secteur médical et industriel
L’arrivée des exosquelettes dans le milieu médical et industriel a apporté une véritable bouffée d’air frais. Et pour cause, dans le milieu médical les exosquelettes permettent d’accélérer la rééducation et de faire retrouver la marche à des milliers de personnes victimes de lésions médullaires ou d’AVC. Dans le secteur industriel et de la logistique, ce dispositif a pu réduire les TMS et rendre les tâches pénibles bien moins contraignantes.
Le rôle de l’exosquelette médical
Lorsqu’on évoque l’exosquelette médical, on peut avoir à l’esprit deux contextes : l’exosquelette dédié à la marche et à la rééducation et l’exosquelette porté par les chirurgiens et par les soignants afin de soulager les douleurs lors des tâches effectuées durant le travail.
En effet, concernant ce dernier point, l’exosquelette médical diminue la fatigue opératoire prolongée. D’autre part, il prévient les complications liées à l’immobilité. Le modèle HAPO réduit ainsi les tensions lombaires et dorsales chez les aides-soignants soumis à un lever de charges lourdes (des patients handicapés moteurs).
Quant aux exosquelettes de la marche et de la rééducation tels que ReWalk et Ekso Bionics, ils sont là pour permettre aux victimes d’AVC et de lésions médullaires de se verticaliser et de marcher de nouveau. Grâce aux exosquelettes médicaux, la plasticité neuronale est stimulée et la récupération motrice est accélérée sans pour cela solliciter de manière excessive les bras.
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Le rôle de l’exosquelette industriel
L’exosquelette industriel compense quant à lui les efforts répétitifs effectués à longueur de journée. Beaucoup de travailleurs doivent en effet effectuer de nombreuses tâches, les bras levés au-dessus de la tête, notamment dans le secteur de l’assemblage automobile et aérien et du BTP. Ils préviennent ainsi jusqu’à 80% des troubles musculo-squelettiques (TMS), considérés comme la première cause d’arrêts maladie.
Dans le secteur de la logistique, l’exosquelette facilite le port de charges lourdes (plus de 20 kg) et booste la productivité de 20 à 30% au travail tout en respectant les normes AFNOR.
Porter un exosquelette est donc bénéfique sur tous les points, oui, mais à condition…
Pourquoi une intégration des exosquelettes et une formation sont-elles nécessaires ?
Pour qu’un exosquelette apporte des résultats fiables sans conséquences néfastes, il est important de suivre un protocole d’intégration spécifique et rigoureux et une formation adéquate. Et pour cause, sans un protocole d’intégration de l’exosquelette bien structuré, tel que le recommande la norme NF X35-800, les nombreuses entreprises risquent fortement d’abandonner son insertion dans plus de 70% des cas. Les opérateurs perçoivent l’inconfort et l’inadéquation aux tâches quotidiennes. Pour eux, l’exosquelette est plus une entrave à leur travail qu’un bénéfice.
L’intégration et la formation permettent de changer la donne et de prouver que le port d’un exosquelette est loin d’être un boulet, bien au contraire…
Prévenir les risques et garantir la sécurité grâce à l’intégration des exosquelettes
Les exosquelettes modifient votre posture et les efforts musculaires. Une mise en place à la va-vite de ce dispositif peut créer de nouvelles contraintes biomécaniques, ce qui va aggraver les TMS déjà installés au lieu de les réduire. Le protocole impose une analyse préalable des postes de travail, des phases d’expérimentation pilote sur 4 à 6 semaines ainsi que l’implication dès le départ des opérateurs et des thérapeutes dans tout le processus d’intégration des exosquelettes.
Encourager l’acceptation et l’efficacité
La formation spécifique dure 2 à 4 heures avec un recyclage annuel selon l’ED 6315 de l’INRS. Cette étape est cruciale puisque le montage, les réglages personnalisés et les procédures d’urgence sont enseignés. Les opérateurs seront beaucoup plus confiants face à ce nouveau dispositif, ce qui permet une adoption plus sereine.
Assurer une retour sur investissement durable
Déployer un exosquelette de manière méthodique et correcte confirme la réduction des efforts de 30 à 60%. Mais ce n’est pas tout, puisque la productivité est boostée avec une sécurisation du ROI en 12 à 24 mois. L’exosquelette n’est plus un élément dont on se méfie, il devient un véritable atout stratégique en entreprise.
Enfin, un mauvais ajustement et un mauvais montage risquent de faire courir des risques à celui qui le porte, plus ou moins sévères.
Intégration des exosquelettes médicaux pour une maîtrise de la rééducation et de la marche
Voici plus d’éclaircissements sur l’intégration des exosquelettes et la formation en milieu médical selon des étapes précises.
Évaluation clinique au préalable
L’intégration d’un exosquelette médical dans un service de rééducation par exemple, nécessite une évaluation clinique approfondie de chaque patient concerné. Ainsi, les professionnels de la santé vont examiner le niveau de la lésion médullaire, la force musculaire résiduelle et l’équilibre postural.
La morphologie corporelle entre également en compte pour déterminer l’adéquation de l’exosquelette avec le patient. Pour cela, ils appliquent la méthode PICO. Celle-ci consiste en un cadre structuré utilisé en recherche clinique et en médecine. Elle est établie sur les preuves afin de formuler des questions précises. En fait, c’est un outil analytique. L’acronyme PICO signifie :
- P (Population) : groupe cible, comme les patients en rééducation ou les travailleurs industriels utilisant des exosquelettes.
- I (intervention) : l’exosquelette lui-même (ex. : modèle passif ou motorisé pour soulager le dos).
- C (comparaison) : alternative, comme thérapie classique sans exosquelette ni absence d’assistance.
- O (Outcome) : résultats mesurés, tels que réduction des TMS, amélioration de la mobilité ou productivité.
Cette méthode définit explicitement les critères d’inclusion et d’exclusion visant à éviter les risques inutiles.
Phase pilote et ajustements
La phase pilote et d’ajustement vient ensuite. Elle dure de 4 à 8 semaines. C’est durant cette période que les patients vont réaliser de 15 à 18 séances de 30 à 70 minutes chacune.
Des modèles d’exosquelettes à l’instar d’ExoAtlet et de ReWalk sont utilisés pour pratiquer ces exercices de marche automatisés sur tapis roulant ou bien dans un environnement réel.
De là, les thérapeutes vont recueillir les données clés et objectives en temps réel, comme l’amplitude articulaire, la vitesse de déplacement, l’endurance et la stabilité. Tout s’effectue grâce à des capteurs intégrés et à des algorithmes d’intelligence artificielle. Les informations vont permettre d’ajuster de manière fine le niveau d’assistance moteur par chaque pas.
Formation des exosquelettes médicaux
Certains exosquelettes demandent une formation destinée aux thérapeutes, aux médecins en médecine physique et de réadaptation ainsi qu’aux patients. La formation dure 2 à 4 heures lors d’une session initiale et se complète par un recyclage annuel obligatoire. Durant la formation, les participants apprennent tout d’abord le montage et le démontage complet de l’exosquelette. Cependant, des procédures hygiéniques strictes doivent être respectées pour éviter toute contamination nosocomiale.
Calibrage et exercices pratiques
Ensuite vient la formation selon la calibration personnalisée via les capteurs électromyographiques (EMG) et les systèmes de biofeedback. Ceux-ci adaptent l’assistance en fonction des signaux musculaires résiduels du patient. Quant aux exercices sécurisés, ils mettent surtout l’accent sur la marche physiologique. C’est-à-dire pendant que le malade avance sans appui excessif sur les bras supérieurs. Cela favorise une proprioception naturelle et une plasticité neuronale optimale.
Outils pédagogiques
Pour les formations sur les exosquelettes, des simulations en réalité virtuelle sont parfois utilisées pour reproduire des scénarios cliniques variés pour les kinésithérapeutes. Par ailleurs, il existe des programmes en ligne comme l’Academy Athlex qui proposent des modules interactifs qui incluent des cas cliniques réels, mais également des tutoriels vidéos détaillés concernant les réglages des exosquelettes.
La formation insiste beaucoup sur la construction de la confiance en soi ainsi que la gestion des situations d’urgence. Avec en complément des évaluations via l’échelle SF-36 qui sert à mesurer l’amélioration de la qualité de vie.
Intégration des exosquelettes industriels pour éradiquer la penibilité
Tout comme les exosquelette medicaux, il est nécessaire d’intégrer les exosquelettes industriels et de former les collaborateurs à leur utilisation.
Évaluation des postes de travail
Tout d’abord, l’intégration des exosquelettes industriels commence par une analyse ergonomique approfondie des postes à risque. De ce fait, les experts identifient les tâches qui impliquent des efforts supérieurs à 20 kg, mais aussi celles qui demandent des postures contraignantes bras levés et des tâches fortement répétitives. Cela tout en respectant la norme AFNOR NF X35-800 pour cartographier les contraintes biomécaniques et sélectionner aussi le modèle adapté (passif pour la logistique, et actif pour l’assemblage). Pour cela, l’utilisation des méthodes OCRA (pour Occupational Repetitive Actions) ou RULA (pour Rapid Upper Limb Assessment) est préconisée.
Ce sont en réalité deux outils d’évaluation ergonomique qui servent à analyser les risques TMS des membres supérieurs. La méthode OCRA évalue les risques liés aux actions répétitives, grâce à la mesure de la fréquence, de la force, de la posture et de la récupération. Quant à la méthode RULA, elle permet d’analyser rapidement les postures du tronc, du cou, des bras et des poignets à l’aide d’un diagramme de cotation.
La phase pilote
Ensuite, une expérimentation pilote sur 4 à 6 semaines est lancée avec un petit groupe d’opérateurs volontaires ; le but est de tester l’équipement en conditions réelles de production. Les opérateurs vont ainsi apporter leurs sensations et des retours quotidiens concernant le confort, la mobilité et l’efficacité du dispositif.
Les données mesurées comme la fréquence des gestes et la réduction des efforts de 30 à 60 % permettent d’ajuster les réglages et l’intégration dans la chaîne logistique. Cela évite les incompatibilités avec les différents outils ou avec les vêtements de travail.
Le déploiement et le suivi sur le long terme de l’intégration des exosquelettes
L’intégration des exosquelettes nécessite un déploiement progressif qui inclut une maintenance préventive, un achat de dispositifs en lots et une implication du département des ressources humaines, pour communiquer collectivement sur les nouveaux dispositifs. L’intégration réussie des exosquelettes dans le milieu industriel réduit l’absentéisme, les TMS dorsaux et des épaules et génère un ROI en 12-24 mois.
Formation des exosquelettes industriels
La formation des exosquelettes industriels vise les opérateurs, les aussi les superviseurs. La durée est de deux à 4 heures avec un recyclage annuel conforme ED 6315 INRS. Le but est de maîtriser parfaitement le montage rapide, le démontage et les vérifications pré-utilisation afin de prévenir les pannes et les accidents.
Reglages personalisés et securité
Les opérateurs apprennent également durant la formation sur les exosquelettes comment calibrer individuellement ces dispositifs via des capteurs de pression et EMG. L’assistance est ainsi adaptée à ma morphologie et aux tâches diverses. Quant aux exercices pratiqués, ils insistent surtout sur les protocoles de sécurité tels que l’arrêt d’urgence et sur les postures naturelles. L’intégration des gestes latéraux sans la perte de dextérité fait également partie du programme.
Simulations et évaluation continue
Des ateliers immersifs et des simulations VR permettent de reproduire des scénarios de la chaîne de production. Par ailleurs, des questionnaires post-formation sont mis à disposition pour évaluer les compétences et la satisfaction des opérateurs. La confiance est ainsi augmentée, et le rejet des exosquelettes est nettement réduit. L’exosquelette fait ainsi partie intégrante du quotidien en logistique et en industrie.
Conclusion sur l’intégration des exosquelettes
L’intégration des exosquelettes médicaux et industriels et la formation est extrêmement importante. Sans une intégration protocolaire pratiquement structurée, les risques d’abandon rapides peuvent survenir, ce qui aggrave les inconforts et les TMS au lieu de les prévenir. Le respect d’un protocole lors de l’intégration des exosquelettes assure la compatibilité des tâches avec une réduction des efforts pour une adoption optimale.
Quant à la formation, elle permet d’acquérir et de maîtriser les réglages, les protocoles de sécurité et les gestes naturels tout en boostant la confiance en soi des professionnels de la santé et des opérateurs dans le secteur de l’industrie et de la logistique. Il est donc essentiel de ne pas sous-estimer ces deux étapes pour une utilisation des exosquelettes parfaite, avec à la fin des résultats positifs 100% garantis.
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