Les enfants ne sont pas épargnés par les lésions médullaires, les AVC ainsi que par les autres maladies neuropsychomotrices. Cependant, pour les aider dans leurs séances de rééducation et à retrouver leur mobilité, un dispositif spécifique a été mis au point : l’exosquelette pédiatrique, conçu en 2021 par Elena García Armada. Ce dernier a reçu l’autorisation d’être utilisé dans les centres de rééducation et les hôpitaux dans plusieurs pays européens. Depuis, cette innovation a permis à d’autres exosquelettes pédiatriques de voir le jour. Dans cet article, nous allons décortiquer ce type d’appareil, ses avantages et les meilleurs modèles disponibles sur le marché.
Exosquelette pédiatrique : quelle est la différence avec un exosquelette adulte ?
Avant de nous aventurer sur le sujet, il est essentiel de comprendre le système musculo‑squelettique chez l’enfant. En effet, il y a des différences anatomiques et physiologiques entre les systèmes de l’enfant et de l’adulte. Ainsi, chez l’enfant, il existe certaines particularités anatomiques des os et des articulations qui entraînent des réponses uniques mais aussi variables aux lésions et à la cicatrisation. Or, ces réponses ne sont pas observées chez les adultes. Par ailleurs, la présence de cartilage de croissance induit des facteurs physiologiques différents.
Les exosquelettes pédiatriques diffèrent donc des exosquelettes pour adultes, en se distinguant de manière fondamentale par une conception adaptée aux spécificités morphologiques et biomécaniques, ainsi qu’au stade de développement de l’enfant.
Les exosquelettes pour adultes sont généralement optimisés pour la rééducation ou pour l’assistance lourde chez des patients stables. Les versions pédiatriques, quant à elles, intègrent des structures dimensionnées pour des segments proportionnellement différents, avec une tête plus lourde et un tronc plus court. Cela nécessite donc des points d’appui élargis et rembourrés servant à protéger les cartilages de croissance.
Adaptation morphologique et croissance des exosquelettes pediatriques
Les modèles d’exosquelettes pédiatriques, à l’instar de l’EXPLORER ou de l’ATLAS 2030, possèdent des dimensions adaptées aux enfants de 2 à 17 ans et pesant moins de 60 kg. Ils sont dotés de longueurs fémorales et tibiales courtes (respectivement 21–36 cm et 20–35 cm) et intègrent, dans la même foulée, des mécanismes d’ajustement comme les réglages de hauteur et les sangles extensibles. Cela permet d’accompagner l’enfant dans sa croissance sans devoir remplacer fréquemment l’exosquelette. Et c’est une des grandes différences qui le distingue des exosquelettes pour adultes, bien plus lourds et adaptés à des morphologies stables. Les matériaux légers utilisés dans leur conception et leur ergonomie protègent les plaques de croissance ainsi que le périoste robuste des enfants (la membrane fibreuse qui enveloppe les os longs et plats).
Les contraintes biomécaniques et neurologiques
Les exosquelettes pédiatriques proposent des amplitudes articulaires souples et progressives. Ils limitent les muscles naturels pour stimuler le développement neuromoteur par le biais d’une assistance graduelle (marche avant/arrière, modes automatique ou par effort), contrairement aux dispositifs adultes qui privilégient une puissance compensatoire pour les patients chroniques.
Aussi, ils sont équipés de supports de poids corporel pour augmenter la stabilité et sont parfaits pour l’apprentissage de la marche chez les tout-petits (30-36 mois), grâce à des algorithmes qui interprètent des patrons asymétriques propres aux enfants.
Quant à la masse réduite et à la répartition des charges, ils préviennent la fatigue et les complications musculo‑squelettiques liées à la croissance. Ce type d’exosquelettes intègre des sièges ergonomiques, des déambulateurs et des feedbacks ludiques, sonores mais aussi visuels, sous supervision thérapeutique, loin de l’autonomie adulte. Grâce à l’exosquelette pédiatrique, les enfants sont heureux de retrouver une qualité de vie, de s’intégrer socialement et de renforcer leur autonomie.
Qui est concerné par les exosquelettes pédiatriques ?
Les enfants et les adolescents de 2 à 17 ans sont particulièrement ciblés, à condition que le poids ne dépasse pas les 60 kg. Ces derniers présentent des troubles neuromusculaires ou neurologiques graves qui limitent la mobilité.
Les exosquelettes pédiatriques s’adressent notamment aux jeunes patients atteints de paralysie cérébrale, qui représente une indication majeure en raison des troubles permanents de la posture et du mouvement causés par une lésion cérébrale précoce.
D’autres enfants, comme ceux souffrant de dystrophie musculaire (particulièrement la maladie de Duchenne) et de dégénérescence progressive des muscles qui entravent la marche, ou encore de lésions médullaires incomplètes résultant d’un accident ou de malformations, sont aussi concernés.
Les enfants doivent cependant répondre à certaines contraintes précises, comme une largeur de hanches inférieure ou égale à 37 cm, un fémur de 21 à 36 cm et un tibia de 20 à 35 cm selon le modèle Atlas 2030. Cela permet d’ajuster idéalement l’exosquelette pédiatrique. Pour un port parfait, une évaluation pluridisciplinaire est mise en place par un neurologue et un kinésithérapeute, qui valident l’adéquation et, surtout, priorisent les enfants devant bénéficier d’une supervision parentale et thérapeutique.
Les autres profils d’utilisateurs typiques sont :
- Les enfants non ambulatoires ou semi‑ambulatoires qui ont besoin d’un soutien lors de la rééducation ou lors des activités quotidiennes, à l’école et à la maison ;
- Les enfants présentant des atteintes cérébrales acquises, tels que les traumatismes crâniens, les AVC pédiatriques et les troubles du neurodéveloppement affectant la coordination ;
- Les jeunes patients en rééducation post‑opératoire orthopédique ou après des blessures, afin de prévenir l’atrophie musculaire et de favoriser l’autonomie.
Les bénéfices de porter un exosquelette pédiatrique
Porter un exosquelette pédiatrique offre de nombreux avantages pour les enfants, quel que soit le type de troubles dont ils sont atteints. En effet, il restaure partiellement la mobilité en soutenant le poids corporel tout en guidant les mouvements. Aussi, il permet une marche plus stable et une meilleure autonomie dans les activités quotidiennes.
Une amélioration physique renforcée
Grâce à ces dispositifs, les muscles affaiblis sont renforcés grâce à une assistance progressive qui stimule l’effort volontaire tout en prévenant l’atrophie et en améliorant l’équilibre postural. Ce n’est pas tout, puisqu’ils favorisent une meilleure circulation sanguine, accompagnée d’une réduction des déformations orthopédiques telles que la scoliose et les pieds bots. La respiration est nettement améliorée, et la posture droite est privilégiée. Tous ces points sont importants pour le développement squelettique de l’enfant en pleine croissance.
Des bénéfices psychosociaux indéniables
Les bénéfices des exosquelettes pédiatriques ne concernent pas uniquement le corps. Ces dispositifs ingénieux boostent la confiance et l’estime de soi de l’enfant en le rendant bien moins dépendant, ce qui facilite l’intégration scolaire et sociale. Par ailleurs, les retours soulignent une meilleure motivation pour les séances de rééducation (elles peuvent paraître contraignantes pour les petits) et apportent des progrès visibles en endurance et en coordination. Ce qui impacte de manière très positive la qualité de vie de ces patients, tant sur le plan global que familial.
Des effets thérapeutiques
Enfin, intégrés à un suivi kinésithérapeutique, ces dispositifs accélèrent la rééducation motrice et améliorent la proprioception, tout en préparant à une déambulation indépendante. Des modèles d’exosquelettes pédiatriques ont ainsi démontré une vitesse accélérée de la marche chez les enfants de 5 à 14 ans, avec une amélioration de l’endurance.
Les meilleurs modèles d’exosquelettes pédiatriques sur le marché actuellement
Le premier exosquelette pédiatrique fut conçu par la scientifique espagnole Elena García Armada pour aider les enfants paralysés à retrouver les joies de la marche. Les prototypes, pensés pour les enfants de 3 à 14 ans, sont proposés sous la gamme Atlas Pediatric Exo. Cette chercheuse a même reçu le Prix du public de l’inventeur européen 2022 pour cette innovation : le premier exosquelette s’appelle l’Atlas 2030. Mais d’autres exosquelettes pédiatriques ont également vu le jour, développés par d’autres fabricants de renommée mondiale.
Voici un tableau récapitulatif retraçant les caractéristiques des meilleurs exosquelettes pour enfants pour l’année 2025‑2026.
| Modèle | Fabricant | Âge cible | Idéal pour | Points forts |
| ATLAS 2030 | Marsi Bionics | 3-14 ans | Paralysie cérébrale, SMA, rééducation globale | 8 articulations actives, soutien tronc-pieds, ajustable croissance |
| EXPLORER | Marsi Bionics | 3-14 ans | Usage domestique, autonomie, croissance | 6h batterie, siège ergonomique, modes auto/effort |
| Bambini Kids | ExoAtlet | 2.5-7 ans | Paralysie cérébrale précoce, apprentissage de la marche | Propulsion cheville motorisée, design ludique (CES 2026) |
| EksoJunior | Ekso Bionics | 4-12 ans | Enfants jeunes, retards développementaux | IA adaptation marche, cadre ajustable |
| ReWalk Kids | ReWalk Robotics | 6-16 ans | Lésions médullaires, dystrophie | Alarmes et sécurité |
| HAL Pediatric | Cyberdyne | 4+ ans | Paralysie cérébrale, lésions médullaires | Bio-signaux musculaires, réinnervation neuromusculaire, portable |
| PediGait | Hocoma/DIH | 4-16 ans | Rééducation suspendue, paralysie cérébrale | Système robotique fixe, guidage précis sur tapis (non portable) |
Conclusion
Les exosquelettes pédiatriques sont plus que parfaits pour la prise en charge des troubles neuromusculaires chez les enfants de 2 à 17 ans, comme la paralysie cérébrale ou les dystrophies. Des modèles leaders tels qu’ATLAS 2030, EXPLORER, EksoJunior ou HAL Pediatric permettent de restaurer la mobilité et d’accompagner la croissance des enfants tout en leur apportant des bénéfices physiques et psychosociaux majeurs grâce à une assistance motorisée et une stimulation neuromusculaire.
Malgré des coûts élevés (une estimation de 75 000 à 400 000 €), leur intégration en rééducation et leur usage domestique boostent l’autonomie, l’intégration scolaire et la qualité de vie familiale. Cependant, une évaluation multidisciplinaire reste essentielle pour faire le meilleur choix et maximiser ainsi les progrès à long terme.
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